• Séverine Coffinot Coach'In & Out

BORE OUT, LE SUPPLICE TABOU EN ENTREPRISE

L’ennui au travail tout aussi stressant que le burn-out.

Certains en ont pourtant peut-être rêvé : « Ah ! Qu’est-ce que j’aimerais être payé à ne rien faire ! » Ce mythe de l’oisiveté au travail, de la non-charge de travail est une illusion douloureuse. Car derrière cet idéal de temps qui s’étire, sans responsabilités et soit disant sans stress se cache une toute autre réalité : manque de stimulation intellectuelle, impression de mise au placard, dévalorisation, baisse de l’estime de soi et …. Hausse du stress voire de l’angoisse.


Un cas concret de Bore-out

Je rencontrais hier pour la seconde fois une cliente qui vient me voir en tant que thérapeute pour au départ diminuer ses angoisses. Elle me parle d’angoisses nocturnes, de sensation d’étouffer et de paniquer dans les endroits clos. Sans le questionnement du thérapeute et du coach, je pourrais dérouler un protocole de relaxation, faire une séance d’hypnose pour aller creuser ces peurs, ces angoisses.

En questionnant, il apparait que la source de ces angoisses est le travail ; ou plutôt l’ennui au travail. Après des années de bons et loyaux services et un changement de direction, cette personne se retrouve harcelée et dénigrée par sa supérieure puis petit à petit par ses collègues. S’ensuit une mise au placard, un poste vidé de sens, de contenu. Elle passe d’employée avec de bons entretiens annuels depuis 10 ans à une étrangère, incapable de remplir ses anciennes missions. Elle n’a d’ailleurs plus de véritables missions.

Et les soucis commencent : prise de poids, migraines, sensations d’étouffer, angoisses.

Bore-out, inavouable

Le plus difficile en cas de bore-out est de partager autour de soi. Il est plus courant de se plaindre de trop de travail que de manque de travail. D’ailleurs cette personne a tenté de le faire et s’est vue répondre : « De quoi tu te plains, moi je fais 12h par jour ».

C’est vécu comme honteux, et cela rajoute au sentiment d’isolement. En cas de bore-out, le risque d’accident cardio vasculaire est multiplié par 2 ou 3. Car travailler est stimulant, intellectuellement mais également psychologiquement, et physiquement.

Où y a-t-il le plus de Bore-out

Dans les collectivités publiques où l’embauche a parfois été faite de manière massive sans répondre à un véritable besoin, les phénomènes de bore-out sont plus marqués. Certains fonctionnaires sont alors mis au placard, faute de pouvoir être licenciés. Dans le privé, c’est le découpage des taches lié à l’accélération et la généralisation des process qui dénature nos missions et enlève de la teneur, du sens.


Bore out : ne pas pouvoir se réaliser

Quoi qu’on en dise le travail est un élément structurant, qui nous permet de nous réaliser. Il donne un sens ou contribue à donner un sens à nos vies.

Alors ne rien faire équivaut à passer à côté de cette stimulation intellectuelle, stimulation de l’égo, celle qui nous donne confiance, nous donne des signes de reconnaissances. Etre placardisé nous ôte également petit à petit le lien social, nous nous sentons de plus en plus inutile, incapable.

La perte de l’estime de soi peut entrainer une dépression, une remise en question de son existence, de ses choix, de son identité.


Comment lutter contre le bore-out ?


Comme pour le burn-out, l’important est déjà d’identifier ce qui ne va pas, ce qui n’est pas normal. Une grosse charge de travail durable n’est pas tenable, mais un poste, sans mission, sans responsabilités où l’on s’ennuie en permanence n’est pas tenable non plus.

Une fois identifié, il y a plusieurs chemins selon son âge, son expérience.

Certains préfèreront partir et tenter leur chance ailleurs, dans un service ou une entreprise qui sait miser sur ses talents. D’autres resteront mais en profiteront, pour faire un point sur leurs aspirations, professionnelles, personnelles. Elles pourront le faire en étant accompagnées, pour comprendre, et mettre des actions en place petit à petit pour identifier leurs forces, leurs compétences, refaire un point sur leurs valeurs et leurs besoins.

Elles pourront envisager également de se réaliser autrement peut être dans d’autres sphères de vie et ainsi trouver un équilibre.

Elles pourront également tenter d’ouvrir la discussion avec leur hiérarchie, ou solliciter d’autres soutiens, et ainsi souligner leurs forces, talents, pour accéder à d’autres taches et missions plus épanouissantes et valorisantes.

Toutes ces actions passent par une chose : identification et refus d’immobilisation. Le bore-out tout comme le burn-out n’est pas normal, et à travers une prise de conscience, un accompagnement éventuel et des petites mises en action progressives chaque personne peut en sortir pour préserver son image, sa valeur et son estime de soi.



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